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De l'influence des médias


Corps décharnés sur podium

Mannequin cadavérique


L'idéal féminin étalé dans les médias est celui d'une silhouette dont la maigreur ne frappe même plus.

Les mannequins très minces, maigres, représentent LE modèle parfait à atteindre pour des millions de femmes, les anorexiques et les autres. Le culte de la minceur n'est pas d'ordre esthétique. C'est le signe de la femme active, qui sait se dominer.

Vomir à en saigner, manger à s'en rompre l'estomac, maigrir à en mourir: les troubles de comportement alimentaire ravagent les populations féminines. Et nul besoin d'être de classe aisée: partout où sévit le culte de la minceur, aux États-Unis comme en France, en Angleterre comme en Allemagne ou au Japon, partout se profilent les spectres de l'anorexie et de la boulimie.

La boulimie n'a rien à voir avec le grignotage, les fringales ou la gourmandise. Urgence brutale, syncope nécessaire, la boulimie est un drame où peuvent couler 6 000 calories à l'heure. Le tout est suivi d'une panique de prendre du poids, soulagée illico par des vomissements provoqués, des laxatifs ou des diurétiques. Pas étonnant donc que la mangeuse conpulsive ne supporte pas le regard des autres: au moins deux fois par semaine, le drame se joue à huis clos, dans l'oppression et la honte.

II ne s'agit pas de manger mais d'anesthésier son mal-être...
Casseroles de nouilles froides ou pâte à biscuit crue, la nourriture avalée ne répond plus à aucun code culinaire. Sinon celui d'être facile à manger, facile à vomir...

Alors que l'anorexique émaciée est facile à dépister, la boulimique se confond dans la foule. Affamée, l'anorexique se sent énorme; repue, la boulimique conserve souvent un poids normal. Triomphante, l'anorexique étale sa volonté; humiliée, la boulimique se perçoit monstrueuse.

Mais au-delà de leurs contradictions, anorexie et boulimie modulent deux variations d'un même thème: celui de la restriction alimentaire.

Dés lors, il ne faudrait plus opposer boulimie et anorexie, mais voir le lien qui les unit. "La moitié des anorexiques développent des symptômes boulimiques, rappelle un spécialiste. À l'inverse, les boulimiques tentent constamment de corriger leurs excès par des périodes de jeûne." Anorexie ou boulimie, pile ou face: ces aspects symétriques tracent le portrait d'un même désespoir, d'une même quête, d'un même trouble de la conscience de soi. "

l'anorexie tue, la pub aussi

Les médias ont malgré tout tracé un portrait valorisant de l'anorexique (haut niveau culturel, intelligence, perfectionnisme, autodiscipline, etc.)La boulimique passe alors pour une personne sans volonté. Mais la victime boulimique n'a pas la partie plus facile. Pulsions jamais canalisées, conflits jamais soulagés: la boulimique vit ensuite un affolant sauve-qui-peut avec ses angoisses.

Accusé d'incitation à l'anorexie en ne choisissant que des filles maigres, le milieu de la mode se défend d'être le seul fautif. La société et les magazines n'ont elles pas aussi toujours privilégié la minceur?


Jusqu'au culte de la maigreur, vous êtes sûres?


Toutefois, il ne faudrait pas faire d'amalgame entre le milieu de la mode, qui diffuse des images de minceur voire de maigreur, et l'anorexie, qui est une maladie mentale.

La polémique sur les troubles alimentaires des tops models est un faux débat.

L'idée selon laquelle lutter contre la maigreur des mannequins reviendrait à lutter contre l'anorexie est selon moi ridicule. Les anorexiques sont malades non pas parce qu'elle ont voulu ressembler aux mannequins - les causes de l'anorexie sont plus profondes et plus subtiles qu'une simple quête de minceur - mais parce qu'elles souffrent d'une pathologie d'origine psychologique.

Madrid souhaite interdire aux mannequins dont l'IMC est inférieur à 18 de défiler. Soit! Le mérite de cette action espagnole est de mettre l’accent sur la maigreur réelle des mannequins, de ne pas accepter que ces corps décharnés soient banalisés et encensés. Démagogie?...
Mais lutter contre la maigreur des mannequins, ce n’est pas lutter contre l’anorexie.
Pour moi, l’anorexie n’est pas qu’une quête de minceur ! c’est un trouble psychiatrique. J’ai été anorexique, mais ce n’était pas pour « ressembler aux mannequins » comme certains médias essayent de la faire croire. Il y a dans l’anorexie une souffrance profonde et des causes diverses ; ce n’est pas un phénomène de mode.
Ce qui est scandaleux, c'est avant tout l'âge des mannequins qui défilent. On impose un rythme de travail effrené à des adolescentes de 14 ans, vulnérables. Fixer des conditions d'âge minimum et instaurer un suivi médical rigoureux serait probablement plus pertinent. Et pour vraiment aller plus loin, il faudrait cesser de faire de la femme jeune et maigre l'unique représentation de la féminité.

Le métier de mannequin est fatigant, strict, et chronophage. Il requiert une grande énergie. Une anorexique ne pourrait pas défiler longtemps vu son état de dénutrition et son manque de tonus une fois la maladie installée. Bien évidemment, je ne nie pas qu'il puisse exister quelques anorexiques dans le milieu des podiums, mais selon moi, elles sont rares. En effet, les mannequins bénéficient le plus souvent d'une maigreur constitutionnelle.

Anorexie et mannequinat ne sont en aucun cas synonymes...

 

 

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